Le coin de l’outillage

(oui, je sais, cet article manque cruellement d’illustrations… j’ajouterai ça un jour prochain !)

Avoir un bel espace de travail, c’est bien. Mais, tant qu’à faire, avoir des outils, c’est utile aussi…

tournevis

Il vous faudra des tournevis. Pas un seul, mais plusieurs. Des plats, des cruciformes, des gros, des petits. Si possible des tournevis d’électricien, ceux avec la tige protégée jusqu’à la pointe ; ça évite les courts-circuits (attention, il faut qu’il y ait une valeur de tension écrite dessus, sinon c’est du flan).

Un tournevis testeur de tension peut être utile aussi. Ca coûte un ou deux euros et vous permet d’attester de l’absence secteur avant de promener vos doigts (méthode : on teste une phase, ensuite le circuit, puis de nouveau une phase, pour être sûr que le tournevis n’a pas claqué entre temps).

Des tournevis porte-vis (on peut fixer une vis à la pointe, entre deux petites griffes) sont aussi intéressants pour accéder aux endroits difficiles. Ne vous en servez que pour ça, car ils coûtent un peu plus chers.

Et puis aussi deux-trois tournevis entièrement en plastique (made in plastique…) ou, pour ceux qui ont gagné au loto et se la pètent en Rolls, des tournevis en céramique. Ils permettent d’ajuster les potar’ et selfs sans apporter les parasites qu’apportent les tournevis métalliques (et vos mains, surtout). Mais ça, c’est surtout valable en HF. Ces outils sont très, très fragiles, et ne doivent servir qu’à ça, sans exception.

Ah, puis j’allais oublier ! Ayez aussi des tournevis de précision sous la main ! Ça, ça sert tout le temps. Ça se vend par petites boîtes ; choisissez-en une qui comporte des plats et des cruciformes. Ils ont à l’extrémité opposée de la pointe, une petite partie mobile. Ce n’est pas pour faire joli, non, c’est pour y poser l’index, avec une légère pression. Ensuite, vous faites tourner le tournevis (il aime ça) entre votre pouce et votre majeur. Votre deuxième main peux tenir la carte électronique que vous vous appliquez à réparer, ajuster l’oscillo’ si vous ne vissez pas une vis mais un multitours, etc.

Quoi qu’il en soit, pour tous vos tournevis, utilisez bien l’empreinte qui correspond à la vis, sinon, ils ne tiendront pas longtemps. Et Facom ne vous les échangera pas.

pinces classiques

Les pinces sont nos amies. Comme on ne le leur rend pas assez, elles ont décidé d’être chères. Bon, il y a toujours celles qui ne font pas comme tout le monde, et ne sont pas chères du tout. Au début, on a tendance à prendre celles-ci (ce n’est pas que l’on ait un côté radin, ni que l’on fasse dans le social, mais c’est simplement qu’un labo’ coûte une petite fortune). On travaille avec, longtemps, tant bien que mal. Puis un jour, on a l’opportunité de travailler avec une bonne pince. Là, ô malheur, ô désespoir, on se rend compte qu’il va falloir investir : Le travail n’est pas le même, le confort non plus.

Ne prenez pas de pince multifonction, c’est cher, pas fiable pour deux sous, et on ne trouve jamais la fonction que l’on veut. Non, prenez une pince coupante diagonale et une pince à becs demi-ronds droits ou à becs plats, ou les deux (mais au début, pas de pince coudée). Pour commencer, ces deux pinces suffisent, en version « miniature » (120-130 mm). Elles ont un format moitié moins gros que les pinces d’électricien (autour de 160 mm), et sont deux fois plus agréables à manipuler (mais aussi deux fois plus fragiles, forcément). Choisissez pour chacune un modèle avec un petit ressort de rappel (un « vrai » ressort, deux lames ou une seule lame, c’est pareil), vous verrez, c’est top. La pince coupante, c’est pour couper les pattes de composants, et l’autre, c’est pour plier les pattes de ces mêmes composants. A ce propos, on ne plie pas la patte avec la pince, non. On coince la patte dans la pince, elle-même calée contre le corps du composant, et on plie la patte avec le doigt. La pince est là pour avoir une pliure nette. A ce propos (encore !), la pince à becs demi-ronds droits sera peut-être plus pratique pour ça.

pince à dénuder (tu veux voir ma pince à dénuder ?..)

Dénuder un fil,on peut le faire avec un couteau (pas pratique) ou un cutter. Le cutter donne un résultat plus net, mais à force, des stries se dessinent sur le pouces, c’est pas terrible (pratique pour les brigands ?) Et puis on crée immanquablement une amorce de rupture (pour le monobrin) qui fait que régulièrement, notre fil casse, juste à la sortie de l’isolant. Certains dénudent aussi avec une simple pince coupante, mais là, il y a un coup de main à prendre, et le résultat n’est pas toujours fameux. En marge de toutes ces façons de dénuder, il y a celle qui est la plus appropriée : l’utilisation d’une pince à dénuder. Ben oui, ça sert à ça… Il y en a essentiellement trois types. Les automatiques droites (souvent dites « économiques », bien qu’il y en ait de très chères), les automatiques américaines (orientées différemment, plus symétriques, et avec un gros ressort tordu), et les pas-automatiques-du-tout… En général, les premières, les économiques) ont une moitié en plastique, et cassent rapidement. Mais on ne peut pas leur en vouloir, elles coûtent une misère. En plus, il est souvent impossible de les régler correctement (mais oui, monsieur, elles se règlent). Les secondes, les américaines, sont en général bien plus robustes, mais un peu plus chères. Il y a juste à trouver le bon appui pour le câble (il y a plusieurs becs, selon le diamètre ; pour les fils les plus fins, on peut même placer le câble entre deux becs… même si aucune notice ne propose ça !) Ces deux types comportent des mécanismes très complexes et très jolis à voir (mais bon, on n’est pas des mécano’), qui travaillent en deux étapes, mais elles ont du mal avec les petit fils. Et manque de bol, c’est ceux que l’on utilise. De plus, elle créent elles-aussi une amorce de rupture (sur le monobrin, toujours) qui fait que le fil casse toujours au même endroit, et ça commence à être lourd… Non, le mieux est d’utiliser une simple pince à dénuder non automatique, pour électronicien, de petite taille (la pince, pas l’électronicien). Je sais, je sais, ça en jette beaucoup moins qu’une grosse qui a des ressorts partout, mais c’est beaucoup plus fiable. Et pour vous consoler, choisissez un modèle avec ressort de rappel ; un ressort, c’est toujours mieux que rien… Il y a une petite vis de réglage de la profondeur de coupe par butée, avec contre-écrou. Une fois le réglage fait, on n’y touche plus ; en général, on coupe souvent des fils de même diamètre.

brucelles

Deux pinces brucelles sont utiles au début. C’est quoi, une brucelle ? Pour commencer, on ne dit pas une brucelle, mais des brucelles, même si l’on parle d’une seule pince. C’est comme des ciseaux. Donc, des brucelles, ce sont des petites pinces de précision, d’aspect très simple : deux genres de tiges soudées entre elles. Elles permettent de saisir très facilement les petits composants. Très pratique pour saisir LA résistance repérée dans le tiroir, au milieu de cent autres (avec nos gros doigts, c’est beaucoup plus dur). Ici aussi, pour débuter, deux sont nécessaires : la classique, ouverte au repos, et la « à pression inversée », fermée au repos. Ici aussi, prenez des isolées, non pas que ce soit plus sûr, mais ça glisse simplement moins dans les doigts. Les moins chères sont toujours de piètre qualité : les branches ne sont pas alignées, elles se tordent, etc.

divers

Tout ça, c’est plus ou moins la base. Avec le temps (merci Léo, et l’argent), votre caisse à outils va augmenter au fur et à mesure des besoins. Néanmoins, on peut citer d’autres petits outils bien pratiques, en vrac :

  • Une loupe pour déchiffrer la référence des vieux composants plus facilement. x10 au minimum. Pas de x5, c’est à chier. La loupe d’horloger (celle qui se cale dans l’orbite de l’œil) est plus petite, donc facilement transportable.
  • Un miroir de dentiste (orientable) permet de lire la valeur des composants qui ont été soudés avec la référence en-dessous et d’accéder aux endroits difficiles. Attention aux courts-circuits, ces petits miroirs sont souvent en métal.
  • Une lampe de poche pour voir au fin-fond des montages inaccessibles.
  • Un plieur de composants, petite barrette en plastique à un euro, pour toujours être au gabarit de 2,54 mm.
  • Une pince à extraire les circuits intégrés de leurs supports, pour ne pas tordre leurs précieuses pattes, ou un extracteur de composants (c’est un genre de tournevis, tordu), plus polyvalent, mais moins dédié au CI. Personnellement, je fais tout à l’extracteur, j’adore ça !
  • Un alésoir à main, pour faire des trous de différents diamètres dans les faces avants, et fixer potentiomètres, bornes ou je ne sais quoi.
  • Une griffe pour attraper facilement les vis perdues.
  • Un pousse et tire ressort, pour pousser et tirer (les ressorts, des fois que).
  • Une troisième main, genre de petit étau à deux pinces crocodiles et base lourde, parfois ornée d’une loupe (pas forcément utile quand elle est attachée).
  • Un petit étau.
  • Des queues de rat, petites limes fines et longues (d’où le nom).
  • Un cutter, si possible de précision, avec diverses lames. Ça, c’est pour couper tout ce que vous avez toujours voulu couper, sans jamais avoir pu le faire correctement.
 
prof.maquaire ~ 04042006-14062020
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juin 17, 2020